Une approche contextuelle de l’analyse de "on"

SOMMAIRE


INTRODUCTIONНАРITRE I. ÉTUDE GRAMMATICALE DU PRONOM «ON»

.1 Définitions et cas particuliers

.2 Classifications grammaticales II. ÉTUDE SÉMANTIQUE DU PRONOM «ON»

.1 Descriptions sémantiques du pronom «on»

.2 Une approche contextuelle de lanalyse de « on»


INTRODUCTION


Ce mémoire de fin détudes est consacré à létude des fonctions grammaticales et sémantiques du pronom indéfini «on» . de commencer la recherche sur le pronom «on» il faut tout dabord répondre à la question quest-ce que cest le pronom indéfini «on» ?

On (du latin <#"justify">- Étudier les définitions et cas particuliers du pronom « on » ;

Décrire les classifications grammaticales du pronom « on » ;

Déterminer quelques descriptions sémantiques du pronom « on » ;

Etudier Une approche contextuelle de lanalyse du pronom « on » ;

La réalisation du but et la solution des tâches de la recherche ont déterminé la structure du travail, les principes du choix des matériaux et les méthodes de leurs analyses.

Lobjet de la recherche est étudier les particularités essentielles des études grammaticales et sémantiques du pronom indéfini « on » dans la langue française moderne.cours de la recherche ont été utilisés des méthodes descriptive, distributive, qualitative et analytique.mener à bien la recherche nous avons fait recours aux ouvrages des savants célèbres comme : Dubois, J., Jakobson, R., Rastier, F., Maurice Grevisse et André Goose., Tesnière L., Riegel M., Arrivé, M., Adam, Jean-Michel, Bonnard H., Rougerie A., Crouzet, P., et plusieurs dautres.

Valeur théorique. La recherche et ses résultats peuvent être utilisés lors de lenseignement de la grammaire française et lors de la préparation des cours théoriques de la grammaire française. De plus, ils peuvent combler les lacunes de la théorie du problème.

Valeurs pratique de la recherche consiste en ce que ses résultats peuvent être utilisés :

-Lors de lensignement de la grammaire dans les écoles supérieures ;

-Lors de la préparation des manuels, des documents méthodiques et didactiques ;

-Lors de la préparation des travaux de cours, des mémoires de fin détudes et des thèses de master.

Notre mémoire de fin détude se compose de lintroduction, de deux chapitres, de la conclusion et de la bibliographie.lintroduction il sagit du choix et de lactualité du thème, de la défi-nition de lobjet, du but et des tâches de la recherche, des valeurs théoriques et pratiques du travail.

Le premier chapitre, intitulé « Étude grammaticale du pronom « on » est la partie théorique de la recherche, le sujet duquel est exposé dans le cadre de deux questions :

. Définitions et cas particuliers du pronom «on»;

. Classifications grammaticales du pronom «on» .étude des problèmes de ce chapitre est formulé à la base des ouvrages scientifiques des linguistiques comme : Maurice Grevisse et André Goose., Dubois, J., Jakobson, R., Tesnière L., Riegel M., Arrivé M., Adam, Jean-Michel et dautres.

Le deuxième chapitre intitulé « Étude sémantique du pronom « on », le sujet duquel est présenté par les questions suivantes:

. Descriptions sémantiques du pronom « on » ;

. Une approche contextuelle de lanalyse de « on ». qualité de la base méthodologique de ce chapitre nous avons utilisé des ouvrages des grammairiens comme : Bonnard H., Rougerie A., Crouzet, P., Téodorov T. , Wagner & Pinchon, Claire Chuilon, Delatour Y., Jennepin D., Léon-Dufour M., et Teyssier B. et dautres.

Dans la conclusion de la recherche sont présentés les résultats obtenus au cours de toute la recherche.

Bibliographie conclut le mémoire de fin détudes.


CHAPITRE I. ÉTUDE GRAMMATICALE DU PRONOM «ON»


1.1 Définitions et cas particuliers


On (du latin <#"justify">On est un pronom personnel indéfini de la troisième personne, invariable, exprimant lidée danimé humain et fonctionnant toujours comme sujet. Il est dérivé du latin homo, homme. On a employé autrefois, dans un sens absolu et indéterminé, les formes hom, hum, hons, um, om, on, etc.

Dans un contexte de généralité, souvent combiné avec un présent révélé lui-même par une conjonction de temps, le pronom indéfini on désigne un sujet animé indéfini.lénoncé de vérités dexpérience ou générales, considérées comme universelles, cest-à-dire vraies pour nimporte qui.

On a souvent besoin dun plus petit que soi. (Jean de La Fontaine)des énoncés que lon veut de portée générale, bien quils ne sappliquent quà des objets particuliers ou dans des circonstances déterminées.

Si lon minsulte, je mets mon homme à bas, personne ne tire aussi bien le pistolet et lépée que votre serviteur. On le sait ! (Honoré de Balzac, Gobseck, 1830).se rencontre également dans les allusions à une vérité dexpérience soit dans une proposition interrogative ou comparative, soit dans une proposition relative.

Françoise quil aimait, du reste, malgré cela, comme on peut aimer la personne quon est content de faire rager tous les jours en la battant aux dominos. (Marcel Proust, Le Temps retrouvé, 1922)

Comment montrer de la défiance vis-à-vis dun charmant garçon dont on est devenu lami ? (Émile Zola, LArgent, 1891).la généralisation évoquée par lénoncé sopère à partir de cas particuliers qui peuvent transparaître si nettement que lon reconnaît derrière on : un « je » ; un « nous » ; un « tu » ou un « vous » ; une 3e personne déterminée.

·un « je » : Et puis, elle souffrait beaucoup par ses relations avec ses fils ; et elle disait : on les a soignés, entourés, quand ils étaient tout petits, et puis plus tard ils ne peuvent pas écrire à leur mère, parce que cela ne serait pas convenable pour le père. (Maurice Barrès, Cahiers, t.3, 1902).

·un « nous » : Cest dommage, quon ne puisse pas avoir le gaz ici : nous sommes trop loin de Saint-Pierre. (Daniel-Rops, Mort, où ta victoire ? 1934)

·un « tu » ou un « vous » : Violaine : Tout beau, maître Pierre ! Est-ce ainsi quon décampe de la maison comme un voleur sans saluer honnêtement les dames? (Paul Claudel, LAnnonce faite à Marie, 1912)

·une 3e personne déterminée : Voici sept ou huit fois que je vous envoie chez mon avoué, depuis quinze jours, et il nest pas venu ? Croyez-vous que lon puisse se jouer de moi ? (Honoré de Balzac, Gobseck, 1830)

« On » peut être employé dans les descriptions auxquelles le présent ou limparfait confère une certaine généralité.

Complètement dénudés par la dernière tempête, tous les arbres quon voyait de la fenêtre se projetaient contre ces nuages dans limmobile minutie dune photographie. (Joseph Malègue, Augustin, t.2, 1933)

« On » appartient à certaines locutions plus ou moins figées comme on ne peut mieux ; on ne sait où, on ne sait doù ; on ne sait pourquoi ; sait-on jamais ? ; comme on dit ; on ne peut plus.

Un jour, par hasard, il Gobseck portait de lor ; un double napo-léon se fit jour, on ne sait comment, à travers son gousset. (Honoré de Balzac, Gobseck, 1830)

Les fromages les plus frais ne sont pas nécessairement les plus naïfs. Il y en a qui sont, dès légouttoir, dès le lait, si lon peut dire, touchés, hantés par une effervescence démoniaque. (Georges Duhamel, Cécile parmi nous, 1938).

Le pronom « on <#"justify">1.Le pronom « on » peut remplacer la première personne du singulier, ou la première personne du pluriel (très fréquent, surtout dans le registre familier):

- Ici, on s'occupe de ses affaires.

- Pour : « Moi, je m'occupe de mes affaires. »

- On est venus avec notre voiture.

Pour : « Nous sommes venus avec notre voiture. »

2.Le pronom « on » peut remplacer la deuxième personne (du singulier aussi bien que du pluriel), ce qui est également assez fréquent dans le registre familier :

·Alors, on est content de ses vacances ?

Pour : « Alors, tu es content de tes vacances ? » ou « Alors, vous êtes content de vos vacances ? ».

Lorsque le pronom sujet « on » est employé pour la première personne du pluriel, il peut être analysé comme un véritable pronom personnel (l'énallage dans ce cas, est totalement intégré par la langue). Dans ce cas, tous les accords se font avec l'idée de la personne exprimée («nous »), sauf le verbe <#"justify">·Nous, cet été, on est partis chez nos cousins, en Italie.

« On » remarque ici, que seul l'auxiliaire « est » s'accorde avec « on » (troisième personne du singulier) ; le pronom personnel appositif « nous », l'adjectif possessif « nos », ainsi que le participe passé « partis », s'accordent avec la première personne du pluriel (« nous »).

Dans la description de ON, généralement, la valeur indéfinie et la valeur personnelle se distinguent, cette dernière se référant à des personnes déterminées. Ainsi, le Petit Robert propose les valeurs suivantes :. ON, marquant lindétermination.

. Les hommes en général, lhomme.

. Les gens (distinct de je).

. Un plus ou moins grand nombre de personnes.

. Une personne quelconque.. ON, représentant une ou plusieurs personnes déterminées (emplois stylistiques).

1.1 Il ou elle.

.2 Tu, toi13, vous.

.3 Je, moi ou nous.

.4 FAM. Nous.

Le potentiel sémantique très complexe du pronom ON donne lieu à une grande flexibilité et plasticité en discours sans pour autant poser des entraves à la compréhension, comme la remarqué C. Blanche-Benveniste : « À exa-miner les emplois de ON dans les usages les plus courants de la langue française contemporaine, il y a lieu de sétonner de lagilité des francophones, qui utilisent ce pronom dans des significations parfois opposées, en sy embrouillant très rarement. »pronom ON jouit dune histoire longue et complexe. Le Dictionnaire historique de la langue française décrit son étymologie de la manière suivante :

« pron. pers. indéf., dabord om (842) puis hom, hum (1050) et enfin on (XIIIe siècle), est issu du nominatif latin homo (dont laccusatif hominem a donné homme) développé en position atone. À basse époque, homo est relevé dans quel-ques exemples comme sujet indéterminé, emploi aboutissant à sa fonction de pronom indéfini » .

Pour retracer lhistoire du pronom ON, considérons ce qui est formulé dans quelques grammaires anciennes, selon lordre chronologique de leur parution, de 1606 jusquà 1935. Le Thresor de la langue françoyse de Nicot (1606) traite de ON sous la rubrique de hom, «Ce que vulgairement par ignorance ou inadvertance beaucoup de gens escrivent, On, Lon, Lon dit.» Notre pronom est classifié comme une particule de caractère indéfini :

« Mais il faut plustôt estimer que, ON, est une particule dont le François use avec le verbe actif pour exprimer les verbes impersonnels de voix passive, on verra, on donnera » premier dictionnaire monolingue en français, Richelet (1680) ne propose pas de catégorie de mots pour ON. En revanche, la première édition du Dictionnaire de LAcadémie française (1694), classifie ON comme une «Particule collective tenant lieu de pronom personnel indéfini ». Dans la 4 ème édition de ce dictionnaire (1762), cette définition est revue, et ON est classifié comme un « Pronom personnel indéfini qui marque indéfiniment une ou plusieurs personnes ». Dans la 5ème édition, ON est classifié comme un pronom personnel indéfini de deux genres, mais dans la 8ème édition du Dictionnaire de lAcadémie française, (1932-5), comme un « Pronom masculin indéfini qui indique dune manière générale une ou plusieurs personnes », ce qui indique une évolution dans la classification de ce pronom par rapport à la catégorie grammaticale de genre. Le Dictionnaire critique de la langue française de Féraud (1787-1788) classifie ON comme « pron. Général, qui marque une espèce de 3e personne générale et indéterminée ». Ce dictionnaire condamne lemploi de ON pour JE et NOUS, notamment à travers les propos suivants :

« Quoique on soit de la 3e personne, il est quelquefois employé à la place du pronom de la 1re, je et nous. Mais il ne doit semployer ainsi que dans le style badin, et il marque un grand air de familiarité, quil nest pas toujours à propos de prendre. »extrait nous montre bien que lusage de ON pour NOUS dans le français contemporain nest pas un phénomène récent, comme on le propose parfois. Un peu moins normatif, le dictionnaire de Richelet (1680) affirme à ce sujet que, « On se met en un sens nouveau pour la première personne je, car pour dire je songerai à vos intérêts, je dirai fort bien en écrivant, ou parlant familièrement, on songera à vos intérêts, on aura soin de vous. ». Il semble quon retrouve dans les grammaires anciennes des aspects de ON qui se discutent encore aujourdhui, notamment celui de son caractère indéfini, lié à son origine nominale. Lassociation de la valeur sémantique de ON à cet aspect de son étymologie se retrouve toujours comme une explication de la valeur sémantique générique de ce pronom. Ainsi, la forme lon est souvent considérée comme une trace de larticle défini. Leeman affirme :

« Ainsi, on renvoie toujours à un ensemble de personnes, conçu non comme laddition de personnalités distinctes, mais comme une masse indénombrable : le verbe est au singulier, et larticle indéfini qui le précède encore dans certains contextes séquelle de son emploi comme nom, est un générique massif, ainsi que la montré Georges Kleiber. De fait, on se comporte comme un nom collectif ».

ON : pronom indéfini, est toujours sujet de la phrase.

Il a 4 significations principales.

Attention ! ce pronom peut avoir d'autres significations mais, cette unité présente exclusivement les principales :


Les significations de "on"Exemples :1.- On= Une ou plusieurs personnes indéterminées.On frappe à la porte. = quelqu'un ou plusieurs personnes non connues du locuteur.2.- On = Nous (langue familière).Lui et moi, on va chanter en duo.3.- On= Les gens.Dans son village, on croit encore aux légendes.4.- On = Tout le monde. C'est l'effet de généralisation que l'on trouve dans les maximes, les dictons, les proverbes et toute la phraséologie à valeur de vérité généraleOn doit respecter ses parents.

On est un pronom personnel indéfini de la troisième personne, invariable, exprimant lidée danimé humain et fonctionnant toujours comme sujet. Il est dérivé du latin homo, homme. On a employé autrefois, dans un sens absolu et indéterminé, les formes hom, hum, hons, um, om, on, etc.

« On » désigne un sujet animé indéfini.

Dans un contexte de généralité, souvent combiné avec un présent révélé lui-même par une conjonction de temps, le pronom indéfini on désigne un sujet animé indéfini.

Dans lénoncé de vérités dexpérience ou générales, considérées comme universelles, cest-à-dire vraies pour nimporte qui.

On a souvent besoin dun plus petit que soi. (Jean de La Fontaine <#"justify">·Dans des énoncés que lon veut de portée générale, bien quils ne sappliquent quà des objets particuliers ou dans des circonstances déterminées.

·Si lon minsulte, je mets mon homme à bas, personne ne tire aussi bien le pistolet et lépée que votre serviteur. On le sait ! (Honore de Balzac <#"justify">·Parfois la généralisation évoquée par lénoncé sopère à partir de cas particuliers qui peuvent transparaître si nettement que lon reconnaît derrière on : un « je » ; un « nous » ; un « tu » ou un « vous » ; une 3e personne déterminée.

·un « je » : Et puis, elle souffrait beaucoup par ses relations avec ses fils ; et elle disait : on les a soignés, entourés, quand ils étaient tout petits, et puis plus tard ils ne peuvent pas écrire à leur mère, parce que cela ne serait pas convenable pour le père. (Maurice Barrès, Cahiers, t.3, 1902)

·un « nous » : Cest dommage, quon ne puisse pas avoir le gaz ici : nous sommes trop loin de Saint-Pierre. (Daniel-Rops, Mort, où ta victoire ? 1934)

·un « tu » ou un « vous » : Violaine : Tout beau, maître Pierre ! Est-ce ainsi quon décampe de la maison comme un voleur sans saluer honnêtement les dames ? (Paul Claudel <#"justify">? On peut être employé dans les descriptions auxquelles le présent ou limparfait confère une certaine généralité.

Complètement dénudés par la dernière tempête, tous les arbres quon voyait de la fenêtre se projetaient contre ces nuages dans limmobile minutie dune photographie. (Joseph Malègue, Augustin, 1933)

? On appartient à certaines locutions plus ou moins figées comme on ne peut mieux ; on ne sait où, on ne sait doù ; on ne sait pourquoi ; sait-on jamais? ; comme on dit ; on ne peut plus.

Un jour, par hasard, il [Gobseck] portait de lor ; un double napoléon se fit jour, on ne sait comment, à travers son gousset. (Honore de Balzac <#"justify">« On » indique que le sujet est un animé humain.dehors de tout contexte de généralité, le pronom indéfini indique que le sujet est un animé humain ce qui signifie que la vérité de la proposition est indépendante des particularités que, dans la réalité, les êtres désignés peuvent présenter.

? On est sujet grammatical et ne correspond à aucun être précis.: On est prié de ne pas fumer = prière de ne pas fumer. - On le traite dinfâme = il est traité dinfâme. -On frappe. - On pose un triangle ABC

? On qui nexprime que la notion dagent animé, se rencontre souvent avec les verbes de perception, avec les verbes de jugement et dans certains contexte (les indications scéniques ; les recettes de cuisine ; pour les pratiques codifiées, notamment les règles de jeux ; les définitions et les appellations ; les énoncés de problèmes).

La sauce peut être servie froide : on additionne alors le court-bouillon de gélatine, afin dobtenir une gelée limpide dans laquelle on introduit la julienne préalablement cuite à leau bouillante. On ajoute câpres, piments et cornichons avant de napper le poisson, refroidi dans son court-bouillon. - On considère le triangle dont les supports des côtés ont pour équations respectives : x = 2, y = 1, x + y = 1.

? On correspond à un sujet indéterminé. Gabrielle : Sois tranquille ! On ne le fera pas entrer dans mon boudoir. (Henri Bernstein, Le Secret, 1913)

? Lorsquil sagit dun groupe plus ou moins indéterminé, on désigne alors une « pluralité indéterminée ». Pardon, Monsieur, voilà deux heures quon appelle de Zurich. Ils demandent une réponse. (Albert Camus <#"justify">1 - "on" : lorsqu'il est pronom indéfini, est toujours sujet et ne désigne que des personnes de sexe et de nombre inconnus. Son verbe se met à la troisième personne du singulier. Son attribut et son participe passé restent invariables au masculin singulier. Ce pronom indéfini peut représenter :

·Une personne ou plusieurs personnes indéterminées, sans aucune précision de sexe ou de nombre, "tout le monde, quelqu'un, n'importe qui":

- On espère toujours une amélioration du marché de l'emploi.

- On doit montrer l'exemple pour être écouté. (Les gens, les êtres humains doivent montrer l'exemple).

Je crois qu'on a sonné à la porte ? (Quelqu'un a sonné à la porte).

Alors on mange bien à la cantine ? (Tout le monde, n'importe qui mange-t-il bien à à la cantine ?).

- On est satisfait du résultat, car on est passé près d'une tragédie. ("Satisfait" attribut et "est passé" participe passé).

- On est obligé de respecter le Code de la route. (Rien n'indique le genre ni le nombre de la personne ou des personnes que "on" représente).

Cet après-midi on manifeste en ville. ("On" est mis dans ce cas pour un nom collectif : la foule manifeste).

- On pense que la terre est ronde.

Lorsqu'on est vieux, on parle toujours de la jeunesse. érification : "on" est un pronom indéfini s'il peut être remplacé par "l'homme":

- Il y a longtemps qu'on parlait de cette histoire. (Il y a longtemps que l'homme parlait de cette histoire).

·Ce pronom est souvent employé dans les proverbes et maximes :

-On ne fait pas d'omelette sans casser des ?ufs.

- On reconnaît l'arbre à ses fruits.

·Dans une phrase, il faut répéter "on" avant chaque verbe auquel il sert de sujet :

- On le rechercha toute la nuit, on le retrouva affaibli et on l'emmena aussitôt à l'hôpital. (On le rechercha toute la nuit, le retrouva affaibli et on l'emmena aussitôt à l'hôpital).

·Mais si on répète le pronom "on" il faut veiller à ce qu'il soit en concordance et fasse référence à la même personne :

- On doit terminer ce qu'on nous a donné à faire incorrect car "on" est indéfini et "qu'on nous" correspond à des personnes définies. Il faut dire : on doit terminer ce qui nous a été donné à faire.

- On ne s'exprime clairement que lorsqu'on connaît bien son sujet. Les personnes qui connaissent bien leur sujet sont les mêmes que celles qui s'expriment correct.

Roméo et moi, on a pris l'avion ce matin et on est arrivés le soir. (Accord au masculin pluriel de "arrivés" vu que "on" représente "Roméo et moi"). On peut naturellement dire ou écrire : Roméo et moi, nous avons pris l'avion ce matin et nous sommes arrivés le soir. Mais attention : Roméo et moi, on a pris l'avion ce matin et nous sommes arrivés le soir.

·Hiatus de "qu'on" fort désagréable, auquel on remédie en le remplaçant par "que l' " :

- Dès que l'on sera prêt, on partira - Dès qu'on sera prêt, on partira.cette formulation ne se fait plus, si "le" se trouve après "on" :

On le dit et on le rappelle sans cesse.

Accord du participe passé avec le pronom "on".

Il arrive aussi de désigner telle ou telle personne, de manière alors bien déterminée. Souvent, cest le sens de la phrase qui guide l'accord.

- "on" : lorsqu'il est pronom personnel (je, tu, nous, vous) et qu'il représente une ou plusieurs personnes dont on connaît le sexe et le nombre : son verbe se met encore à la troisième personne du singulier, mais l'attribut ou le participe passé avec "être" peuvent se mettre au pluriel :

Quand on devient maman, on devient plus patiente. (Qui est-ce qui est patiente? on et qui est-ce qui devient maman on = sexe féminin).

Julie, qu'envisager quand on est reçue à ce concours ? (Nette identification du sujet au féminin singulier).

Pourquoi se disputer, vu qu'on est amis ? (La personne qui parle est un homme, et pour être "amis" il faut être au moins deux = pluriel et forcément masculin car il y a une personne mâle).

On est fatigués car la bataille fut rude. (Déclaraient des soldats : nous sommes fatigués...).

On semble heureuse de retrouver ses enfants. (Elle semble heureuse de retrouver ses enfants, ou encore, tu sembles heureuse de retrouver tes enfants).

On est toujours ravie d'être remarquée par les hommes. (Aucun doute, c'est une femme qui s'exprime).

On est venus avec le train. (Nous sommes venus avec le train, dit un père de famille accompagné des siens, arrivant chez des parents). érification : "on" est un pronom personnel s'il peut être remplacé par "nous, vous" :dans le sens de "notre, nous", lorsque le locuteur ou l'auteur s'intègre dans le récit :

- On peut tout raconter aux parents lorsqu'on a du chagrin nous pouvons tout raconter aux parents lorsque nous avons du chagrin.

Ma cousine et moi on a le même âge ma cousine et moi nous avons le même âge.dans le sens de "votre, vous", lorsque le locuteur ou l'auteur ne s'intègre pas dans le récit :

- On verra bien ce qui arrivera ? vous verrez bien ce qui vous arrivera, disait un professeur à des filles de sa classe.

Qu'est-ce qu'on prendra ? dit le serveur du bar à ses clients mis pour qu'est-ce que vous prendrez ?

On est toujours ravie d'être remarquée par les hommes vous êtes ravie d'être remarquée par les hommes.1 - Très souvent, le pronom renvoyant à "on" est le pronom personnel "soi" :

- On a toujours besoin dun plus petit que soi. (Soi est le pronom réfléchi qui renvoie à la même personne que on).

- On aime rapporter tout à soi.2 - "on" : Lorsque le pronom indéfini ou pronom personnel est formé avec ne, n' = on ne, on n', il est toujours suivi dans la phrase des pronoms indéfinis aucun, personne, rien ou des adverbes guère, jamais, pas, point, plus ou des déterminants indéfinis aucun, nul :

-On n'échappe jamais à son destin.

-On ne lui fera aucun mal.

On doit remplacer la négation "ne" par " n' " chaque fois qu'il est possible de dire ou écrire " il n' " :

On n'arrivera pas de bonne heure demain soir. (Il n'arrivera pas de bonne heure demain soir).

Nota 3 - "on n'est pas parti" avec " n' " on est pas parti.4 - "on-dit" s'écrit avec un trait d'union et est invariable :

L'accusation ne repose que sur des on-dit. 5 - "qu'en-dira-t-on ?" s'écrit avec des traits d'union et est invariable :

Il faut savoir passer outre aux qu'en-dira-t-on.6 - Quand un pronom possessif se rapporte à "on" indéfini, il se met à la 3e personne du pluriel :

- On doit assumer les conséquences de ses erreurs.

. "ont" : forme du verbe "avoir" à la 3e personne du pluriel de l'indicatif présent

Ils ont fouillé toute la forêt.érification : "ont" est un verbe, s'il peut être remplacé par "ils avaient" :

Cette histoire, ils ont bien fait de la raconter cette histoire ils avaient bien fait de la raconter).

Cette semaine ils ont fait de bonnes affaires , cette semaine ils avaient fait de bonnes affaires.

On dit que le match est faussé, mais au final ils ont gagné, les gens disent (mis pour : on dit) que le match était faussé, mais au final ils avaient gagné.

. Accord du participe lorsque le sujet est "on" pronom indéfini "on" désigne souvent un sujet dont on ignore le sexe et le nombre. Dans ce cas le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être", qui se rapporte à ce pronom "on", reste invariable :

On est parvenu à éteindre l'incendie. (Qui est-ce qui est parvenu ? "on" genre et nombre inconnu accord au masculin singulier).

Apparemment on s'est opposé à mon point de vue.

En définitive on est ravi de ce résultat.

On nest pas sûr du résultat. ce pronom "on" est clairement identifié et désigne une ou plusieurs personnes (il pourrait être remplacé par un des pronoms "je, tu, nous, vous"). Dans ce cas, le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde en genre et en nombre :

Alors, on est contente ? (L'auteur s'adresse à une personne de sexe féminin et "on" équivaut à "tu").

Roméo et moi, on était invités à un mariage. (Un masculin pluriel s'impose : Règle des sujets de genre différents).

Secourues ensemble, on est ravies de l'issue de cet accident. ("Secourues" féminin pluriel indique le genre et le nombre applicable à "ravies" à travers le pronom "on").

- Langage familier ou populairedonné pour simple information, et il n'est pas recommandé de l'utiliser en registre normal.langage familier, "on" est souvent mis en place de :

"tu" : On est contente ma chère s?ur ? (Mis pour tu es contente ma chère s?ur).

"je" : On remarquera que je me suis appliqué pour rédiger ce devoir. (Mis pour je ferai remarquer que je me suis appliqué pour rédiger ce devoir).

"nous" : On a gagné ! (Mis pour nous avons gagné).fait l'accord en genre et en nombre mais le verbe reste au singulier :

Eh bien les garçons, on est contents de la randonnée ?

Alors ma petite, on est remise de ses émotions ?

Également considéré comme populaire, la phrase avec "nous, on..." :

Nous, on a l'habitude de crier pendant le match.

Nous, on pense que vous avez tort.


.2 Classifications grammaticales


Si ON est classifié comme pronom indéfini dans les grammaires tradition-nelles, il est généralement considéré comme un pronom personnel aujourdhui. Plus spécifiquement, il est habituellement classifié comme un pronom personnel indéfini, ce qui indique nettement son statut grammatical complexe. Le pronom ON nest pas tout à fait reconnu comme pronom indéfini, ni tout à fait comme pronom personnel.valeurs de ON décrites dans les grammaires et les dictionnaires sont, grosso modo, divisibles en deux catégories : emplois indéfinis et emplois définis pour des personnes déterminées . Cependant, la valeur de lindéfini est la valeur de base et les emplois correspondant à dautres pronoms personnels sont considérés comme des sous-groupes de la catégorie principale. Ces emplois sont souvent décrits comme des emplois stylistiques, le Bon Usage.nous semble que la classification grammaticale de ON a souvent été caractérisée par le recours à des critères ad hoc. Les grammaires différentes invoquent des critères étymologiques, morphosyntaxiques, pragmatiques et sémantiques, mais narrivent pas toujours à évaluer limportance relative de ces critères.

1.Le Bon Usage

Le Bon Usage représente les grammaires traditionnelles et normatives. Cet ouvrage constitue donc un excellent exemple de la classification de ON du point de vue de cette tradition. Les treize éditions de cet ouvrage permettent également de tracer déventuels développements au cours de la période de 1936 à 1993.un mémoire sur le pronom ON, Larsen examine le développement dans le traitement de ON dans le Bon Usage. Dans la 9ème édition, Grévisse condamne certains emplois de ON pour NOUS comme des vulgarismes ; cette condamnation a dailleurs été retirée de la 10eme édition. Dans celle-ci, on souligne la complexité sémantique de notre pronom, ainsi que ses relations de correspondance avec les pronoms personnels. Mais il sagit là dune révision dordre sémantique, naffectant en aucun cas la catégorisation grammaticale elle-même, car ON est toujours classifié parmi les pronoms indéfinis.la 13ème édition du Bon Usage, datant de 1993, ON est classifié parmi les pronoms indéfinis. Cependant, au sujet de lemploi fréquent de ON pour NOUS, Goosse remarque que Beaucoup de grammairiens ont beau le déplorer, on est devenu un véritable pronom personnel. Par conséquent, Goosse propose «[ON] peut être considéré comme un pronom personnel indéfini »

2.Togeby

La grammaire de Togeby classifie ON parmi les pronoms réfléchis, parce quil dépend du verbe et na pas de forme libre ; cette classification nous semble quelque peu étrange.

3.Dubois

Dubois propose également de classifier ON dans le paradigme des pronoms personnels, sur la base dun critère de distribution. Selon cet auteur, «les distributions de on ne sont pas celles des autres pronoms dits indéfini, comme aucun, chacun, quelques-uns, etc. ; cela suffirait à nous montrer quil sagit de classes différentes ». Dubois souligne laffinité du pronom ON non aux pronoms de la première personne, mais à ceux de la troisième: «On se comporte donc comme il dans ses rapports syntaxiques avec le syntagme verbal ». Il soutient que ON constitue la négation du système JE - NOUS - VOUS : « La fonction de on est de se référer dabord à tout ce qui nest pas je et tu, nous et vous, cest-à-dire à ce qui ne sidentifie pas avec les interlocuteurs pris séparément ou en groupe ». Si les affinités entre ON et le singulier de la troisième personne sont incontestables au niveau de la syntaxe verbale, la sémantique de ON, et surtout son usage important pour NOUS dans le français contemporain nous semble indiquer son appartenance au paradigme des pronoms de la première personne.

4.Wagner & Pinchon

Passons à la Grammaire du Français classique et moderne par Wagner et , lédition datant de 1991. Cette grammaire constitue en effet une excep-tion parmi les grammaires récentes, car elle retient la classification de ON comme pronom indéfini. Ces auteurs soutiennent même que « Lemploi systématique de on à la place de nous est un vulgarisme ».

5.Riegel, Pellat & Rioul

Par contre, Riegel, Pellat & Rioul classifie ON parmi les pronoms personnels. Ces auteurs affirment que :

« Sa valeur de base est, en effet, celle dun pronom indéfini renvoyant à une personne ou à un ensemble de personnes dextension variable, que le locuteur ne peut ou ne veut pas identifier de façon plus précise Cette indétermination le rend apte à fonctionner comme substitut de tous les autres pronoms personnels en rejetant leur référent dans lanonymat ».grammaire a le mérite de souligner la sémantique comme un critère décisif pour la description des pronoms personnels. La sémantique pronominale est décrite à partir de la référence, et elle est définie de la manière suivante :

« Sémantiquement, un pronom se caractérise par la manière dont il réfère à ce quil désigne dans le discours. À cet égard, les pronoms sont des symboles incomplets (ou des formes ouvertes) dont le sens codé comporte, outre des traits relativement généraux des instructions qui permettent à linterprétant, moyennant diverses procédures inférentielles, didentifier à quoi ils réfèrent. »auteurs distinguent entre les modes de référence anaphorique, déictique et par défaut, dont ce dernier concerne les cas dindécidabilité. Le mode référentiel du pronom ON nest pas explicitement caractérisé, mais les auteurs soulignent quun pronom puisse avoir plusieurs modes référentiels. À notre avis, cest le cas pour ON, comme on le voit dans les exemples suivants, représentant les modes anaphorique, déictique et par défaut respectivement :

. Marie et moi, on était allées au cinéma

. On est là depuis une heure

. On est prié de ne pas fumerréférence ne nous semble donc pas être un critère suffisant pour la classi-fication grammaticale de ce pronom. Nous proposerons que le facteur commun de ces emplois ne soit pas leur mode référentiel, mais plutôt leur forte dépendance du contexte. Dans la spécification des critères sémantiques pour la classification de ON, on devrait donc, nous semble-t-il, avant tout prendre en compte le potentiel pragmatico-référentiel de ce pronom.

Sommaire des grammaires

Pour résumer les descriptions des grammaires étudiées ici, on peut retenir que les emplois de ON sont, grosso modo, divisibles en deux catégories : les em-plois indéfinis et les emplois définis pour des personnes déterminées. La valeur de lindéfini est toujours la valeur de base, et les emplois correspondant à dautres pronoms personnels sont considérés comme des sous-groupes, et souvent classifiés comme des emplois stylistiques.études portant sur ON divergent sur la question de lévolution éventuelle de sa description grammaticale. Selon Larsen (1984) il y a eu un développement dans la classification de ON. Cet auteur propose une analyse dun corpus de grammaires datant de 1928 à 1975. Au début de cette période, le pronom ON a été classifié comme un pronom indéfini. Mais dans des grammaires plus récentes, il fait partie du paradigme des pronoms personnels. Larsen dit que cette réévaluation est probablement liée à deux facteurs : dabord le fait que les grammaires modernes ont revalorisé le statut de la langue orale, ensuite par le fait que lemploi de ON pour NOUS a une tendance croissante dans le français contemporain, ce qui renforce la valeur « personnelle » de ON.un article très intéressant, F. Mazière présente une méta-analyse de la description du pronom ON dans les dictionnaires du français, ce qui permet de nuancer lhypothèse de Larsen. Elle rapporte que la classification de ON comme véritable indéfini semble plus accentuée dans une période intermédiaire, entre les premières grammaires et les grammaires modernes, rejetant ainsi lhypothèse dune ligne évolutive linéaire. Cette perspective diachronique soutient donc limpression donnée par létude des grammaires, cest-à-dire quil est difficile de classifier le pronom ON, et quil est difficile de réconcilier la classification grammaticale avec son emploi à loral.analyse diachronique indique également la grande plasticité de la classifi-cation grammaticale. Elle semble fluctuer au cours de la période étudiée, sans quil soit pour autant possible de constater une ligne évolutive déterminée. Il serait inté-ressant dans une étude ultérieure dexplorer les facteurs en ?uvre dans la classifi-cation, en prenant en compte les développements dans le français parlé, aussi bien que les régimes épistémologiques des différentes traditions grammaticales.avons vu que le Bon Usage classifie ON comme un pronom personnel indéfini. On retrouve également cette définition dans le Trésor de la Langue Française informatisé et dans le Petit Robert (2007). La notion de pronom personnel indéfini nous semble refléter la tension entre les valeurs indéfinie et personnelle et le fait que la classification grammaticale narrive pas tout à fait à délimiter le fonctionnement de ON dans le français contemporain, dune part, et sa valeur inhérente indéfinie, dautre part. Nous pensons que la notion du pronom personnel indéfini constitue en effet un oxymoron qui essaie de résoudre les tensions créées par la complexité sémantique de ON et labsence dune hiérarchie cohérente de critères pour sa classification grammaticale. On pourra même dire que la présence de cet oxymoron au sein du paradigme de pronoms personnels crée une brèche dans le système entier de la classification pronominale, en ce sens quelle questionne les critères classificateurs de la catégorie des pronoms.

Au niveau micro, le contexte se définit par les mots et les morphèmes dans le voisinage immédiat de lélément étudié. Dans ce sens, la notion du contexte immédiat rejoint celle du cotexte. Cependant nous pensons que la notion du contexte immédiat sera plus juste dans notre cas, car elle permet linclusion des unités sémantiques dans lanalyse.unités de lexpression correspondent des unités sémantiques, étudiées par la microsémantique. Les notions pertinentes de la microsémantique sont le sème et le sémème. Le sème est un trait sémantique distinctif et le sémème est un ensemble de sèmes, correspondant au morphème du niveau de lexpression. Ainsi, le sémème « femme » est constitué (au moins) de lensemble des sèmes /du sexe féminin /et / humain / .sèmes sont définis par rapport à des classes sémantiques. À lintérieur de ces classes sont déterminées des relations dopposition et daffinité entre les sèmes. Un sème générique est le trait commun dun groupe de sémèmes dans une même classe sémantique, et le sème spécifique est un sème distinguant un sémème dautres sémèmes de la classe., lon distingue les sèmes inhérents et afférents. Les premiers sont définis à lintérieur du système fonctionnel de la langue et les derniers sont socialement ou contextuellement définis. Selon les cas, un sème peut être actualisé, cest-à-dire déclenché par le contexte ou virtualisé, cest-à-dire annulé par le contexte.

Ce modèle est pertinent pour lanalyse de ON, car il permet de rendre compte de la manière dont les éléments du voisinage immédiat agissent sur le contenu sémantique au niveau micro. Nous montrerons que le pronom ON en tant que sémème contient des sèmes /indéfini/ et /personnel/ qui peuvent être neutralisés ou actualisés selon le contexte. Ces sèmes sont définis par rapport aux paradigmes dont ils font partie, ce qui est illustré par les deux ensembles dans la figure :


EnsembleSème communSème distinctif de ON[on, ça]/indéfini//humain/[on je]/humain//non déterminé/analyse des valeurs indéfinie et personnelle de ON nous semble donc être à la base du problème de la classification grammaticale de ce pronom. Ce problème sera plus visible si on compare la description du pronom ON avec celle des pronoms personnels. Dans le cas de ON, laspect indéfini est souligné, même si ce pronom a également des emplois de valeur personnelle. Par contre, les pronoms NOUS et VOUS sont traités comme de véritables pronoms personnels même sils peuvent également être employés dans un sens indéfini, comme on le voit dans les exemples (4), (5) et (6) :

. On a souvent besoin dun plus petit que soi

. Dans quel temps vivons-nous!

. Les livres, cest comme les amis, on ne les choisit pas librement. Ils simposent sur vous.pensons que la présence simultanée des valeurs personnelle et indéfinie constitue une propriété sémantique commune à ON, NOUS et VOUS, ce qui pose la question de la classification de ON comme un pronom personnel indéfini. Une classification cohérente devrait, nous semble-t-il, prendre en compte ces affinités entre ON et les pronoms NOUS et VOUS. Par conséquent, il nous semble que la notion de pronom personnel indéfini devrait sappliquer aux pronoms NOUS et VOUS aussi bien quà ON, ou bien quelle serait reconsidérée et que ON serait classifié comme un véritable pronom personnel, ce qui nous semble en effet être la meilleure solution.pronom conjoint ON napparaît quen position de sujet. Les formes correspondantes sont se, soi. Nous, nos, vous et vos semploient également comme formes disjointes et possessives. À la différence dautres pronoms personnels il na ni genre ni nombre inhérent, cependant il permet la coordination en genre et en nombre de ladjectif et du participe passé.un article récent, C. Schapira propose une réévaluation de la morphologie de ON, en postulant en effet deux ON en français :

« [...] le premier on, implicite dans linfinitif verbal, serait le générique des pronoms personnels présentant le trait sémantique /+humain/ ou, en dautres termes, il serait le pronom personnel générique, se trouvant à lorigine de toutes les personnes - la personne virtuelle, contenant en tension tous les pronoms personnels sujets [...] le second on serait un pronom de troisième personne, indéfini, aux référents multiples ».cette conception, le premier ON sature donc de quelque manière le système entier des pronoms personnels. En poursuivant cette idée, cet auteur propose même quil existe en effet un ON complément dobjet direct implicite, avec une référence à la notion de diathèse. Selon elle, le ON complément serait implicite dans les constructions passives. Ces constructions ont pour correspondants des constructions actives dont le sujet est ON. Le ON de la construction active correspondante est donc sensé être sous-jacent de la construction passive. Si lubiquité de ON soulève bien la question des pronoms correspondants pour les compléments dobjet direct et indirect, nous ne pensons pas que lhypothèse de Schapira permet de résoudre ce problème. Dabord, lhypothèse de ON comme un pronom générique englobant tous les autres pronoms personnels nous semble peu probable. Nous soutiendrons plutôt que les pronoms personnels constituent un système où chaque pronom dérive sa valeur sémantique au sein du système. Dans cette perspective, aucun dentre eux ne peut être accordé un rôle plus important que les autres. Ensuite, lhypothèse que lon peut qualifier un ON en fonction objet à partir du fait que ce pronom serait sous-jacent dans les constructions passives dagent implicite ; cela nous semble discutable. Sil existe une relation de diathèse, elle ne peut pas être généralisée jusquà déterminer le sémantisme et la morphosyntaxe de ON. Lhypothèse de Schapira nest pas non plus analysable empiriquement, ce qui nous semble être un critère essentiel pour la description de ON.

Les temps verbaux

Les temps verbaux constituent un paramètre transgénérique qui se retrouve également dans dautres genres que celui de larticle de recherche. En règle générale, les valeurs de caractère générique et indéfini incluant ou excluant lauteur (ON4, ON6) sont associées au temps verbal du présent, tandis que les valeurs référant à des personnes déterminées, incluant ou excluant lauteur (ON1, ON2, ON3, ON5) sont souvent associées aux temps verbaux du futur et surtout du passé composé. Le temps verbal est également un facteur puissant pour lidentification des fonctions-auteur associées à ON. La fonction de lauteur en tant quargumentateur est le plus souvent associée au présent, tandis que les temps du futur et du passé composé sont le plus souvent associés aux fonctions de lauteur en tant que scripteur et en tant que chercheur. Soulignons toutefois que linfluence du temps verbal est fortement influencée par les autres paramètres contextuels, nous le verrons dans les exemples.

Le présent

Le présent généralisé est souvent associé aux valeurs indéfinies de ON (ON4, ON6). Dans ces cas, il sagit souvent de contextes de réflexion dordre générale. Dans le cas dargumentation dordre générale, ON et le présent sont souvent accompagnés dadverbes permettant le « débrayage » de lénoncé, comme dans lexemple suivant : ne parle généralement pas du contexte dun sème, dun trait sémantique, de la catégorie de laspect, de la modalité, de la notion de polyphonie, du thème, de même quon nenvisage pas hors contexte ces entités : quest-ce quun sème hors contexte? retrouve également des cas du présent historique, où le présent se réfère au procès de recherche et par extension à lauteur en tant que chercheur (ON1) :

Quelques jours plus tard, quand lhémorragie de vitré sest résorbée, on constate que la rétine est bien en place et que la hyaloïde postérieure est décollée en inférieur.

Dans ce cas, la référence est indiquée par les éléments lexicaux faisant référence à lobjet de recherche (hémorragie, rétine, hyaloïde) et surtout par le syntagme adverbial Quelques jours plus tard, qui permet de situer la référence de ON.

Le futur

Ce que nous appellerons le futur métatextuel se réfère à des parties ultérieures du texte, et est associé à la fonction de lauteur comme scripteur et la valeur ON1, comme dans lexemple suivant :Cette approche ne résout cependant pas tous les problèmes didentification sur lesquels on reviendra.futur métatextuel peut également contribuer à linclusion du lecteur et la valeur ON2 :

On verra que dans léchantillon retenu, ce seuil est le plus pertinent pour discriminer le comportement dactivité : les femmes sans enfant et les mères de moins de trois enfant ont quasiment le même comportement ; ce nest quà partir du troisième que lactivité est moins intense.

Le passé composé

Le passé composé peut faire référence à des régimes temporels différents. Dabord, il peut renvoyer au procès de la recherche, comme dans lexemple suivant :

On a posé à ces répondantes plusieurs questions concernant la santé préventive ; on leur a notamment demandé si elles avaient déjà subi un test de Pap et la date de leur dernier test (annexe).ce cas, ON sera associé à la fonction de lauteur en tant que chercheur, correspondant à la valeur ON1. Le passé composé métatextuel peut également correspondre à la fonction de lauteur comme scripteur et guide, dans ces cas-là, ON correspond à la valeur ON2, incluant le lecteur, comme dans lexemple suivant :a vu précédemment que des unités de mesure empirique de dureté ne sont pas pertinentes pour rendre compte de lusage lexical de dur. cet exemple, ladverbe précédemment permet de situer la référence temporelle à lintérieur du texte.lexemple, le passé composé permet la référence à dautres chercheurs (ON6), ou à la communauté de discours incluant lauteur (ON3) :1980, on a rapporté chez des patients atteints de polypose adénomateuse familiale (PAF) lexistence de multiples lésions bilatérales dhypertrophie de lépithélium pigmentaire de la rétine.cet exemple, il nous semble difficile de déterminer la valeur de ON (ON3 ou ON6). Lassociation de ON au passé composé crée ici un flou référentiel, qui permet la représentation des auteurs comme des membres de la communauté de recherche.

Limparfait

Limparfait permet également la référence au procès de la recherche et la fonction de lauteur en tant que chercheur, ON1 :

Dans lenvironnement du malade, on notait une maladie de Crohn chez un frère, une fibrose pulmonaire et un cancer bronchique chez un autre frère et une entéropathie inflammatoire mal étiquetée chez une s?ur.

Proverbes et maximes.

Dans une analyse de lemploi de ON chez La Rochefoucauld, P. Attal propose distinguer des emplois de ON où son référent est immédiatement identifiable (nous, on est...) « [...] où on double ou se substitue à un pronom personnel pleinement référentiel [...] » dun côté, et de lautre, des emplois dont le référent nest pas immédiatement identifiable et pour lesquels, par conséquent, la référence doit être écartée comme critère sémantique.souligne la contribution de la plasticité énonciative de ON au genre de la maxime. Selon lui, le potentiel sémantique de ce pronom contribue à la caractérisation du genre en question : « Bouche-trou syntaxique ou substitut métalinguistique, on confère à des maximes ou à des pensées générales une très grande souplesse » . Il souligne la grande flexibilité de ON, par rapport aux autres éléments susceptibles doccuper les mêmes positions dans la structure de la maxime :

« [ON] permet de conserver la structure de lactif, plus naturelle que le passif; dans dautres cas, il évite lemploi de noms composés sur des verbes, moins maniables que des propositions [...] « Si on perd... » =

« La perte ». Il est moins marqué que nous (générique) ou les gens, les hommes ; il est plus bref que ces derniers. Il a sur le style de La Rochefoucauld un effet que jappellerai « condensateur » : son absence de « sens » fait porter lattention sur le prédicat [...] ; de plus, lécriture gagne en dépouillement. » cette perspective, le pronom ON aura une influence décisive sur le genre de la maxime, aussi bien que sur le style personnel de La Rochefoucauld.

Emplois stylistiques

Les emplois de ON correspondant à JE, NOUS, TU, VOUS et IL/ELLE sont souvent considérés comme des emplois dits « stylistiques ». On fait généralement exception de lemploi de ON pour NOUS en raison de sa fréquence élevée dans le français contemporain. Ainsi, Muller distingue entre des emplois stylistiques où « [...] cette substitution de on à un pronom personnel comporte toujours une intention affective : ironie, mépris, tendresse, euphémisme, discrétion affectée, bonhomie, etc. », correspondant à ON pour TU, ELLE, etc. Par contre, en ce qui concerne lemploi de ON pour NOUS, ON na « [...] aucune intention de ce genre ; cet emploi nexiste quà lépoque moderne et dans la langue familière, voire populaire [...] » François de son côté affirme que les emplois stylistiques servent à « maquiller lidentité dun ou de plusieurs animés que le locuteur ne souhaite pas désigner directement, en général pour des raisons affectives. »pensons que la notion demplois stylistiques soulève des difficultés dans la classification de ON. À notre avis, les valeurs affectives et stylistiques sont des valeurs discursivement définies qui ne sont pas nécessairement restreintes aux emplois de ON pour des personnes déterminées. La situation discursive doive toujours être prise en compte car toutes les valeurs de ON ont le potentiel dun effet rhétorique ou stylistique. Dans cette question, nous suivrons Leeman qui remarque le paradoxe quil y a à classifier les emplois de ON pour TU, VOUS, IL et ELLE comme des emplois stylistiques tandis que les emplois de ON pour NOUS sont classifiés comme familiers, voire vulgaires.


CHAPITRE II. ÉTUDE SÉMANTIQUE DU PRONOM «ON»


.1 Descriptions sémantiques du pronom «on»


La description de la sémantique du pronom ON nécessite une prise de position par rapport à la question de polysémie. Si la complexité discursive de ce pronom est au c?ur de la littérature, il est frappant que la question de polysémie ne soit pas généralement explicitement thématisée. Nous nous bornerons ici à une brève discussion de ces notions de polysémie et dambiguïté pour établir un fondement de nos analyses de ON.reconnaissons que linteraction des différentes valeurs discursives soit une caractéristique essentielle du pronom ON. Pour cette raison, nous adopterons dans ce travail une conception assez générale de la polysémie sans pour autant prendre position sur tous les aspects de la polysémie.polysémique tout terme susceptible davoir des valeurs interprétatives indépendantes. Nous suivrons la théorie de Fuchs selon laquelle,

«Les diverses significations dune expression polysémique sont en effet construites sur un socle sémantique commun et sont donc apparentées, si bien quelles ne se présentent pas nécessairement, en contexte, comme disjointes et exclusives les unes des autres.»pensons que ON est un élément polysémique, en ce sens que sa complexité sémantique nécessite le recours au contexte pour lidentification dune valeur interprétative. En parlant de la polysémie de ON, il faut noter quil sagit plutôt dun potentiel de polysémie, qui naffecte pas nécessairement les occurrences en contexte. En tout cas, la facilité avec laquelle ON semploie dans le français courant indique que la polysémie de ON ne constitue pas une entrave à linterprétation.affiner la notion de polysémie, Fuchs propose de distinguer entre deux ambiguïtés virtuelle et effective. Lambiguïté virtuelle désigne le potentiel dun terme polysémique à entrer dans des contextes où il faut effectivement choisir entre deux interprétations contradictoires. Lambiguïté effective concerne les cas où le contexte ne permet pas détablir un choix entre deux interprétations indépendantes. En effet, les cas dambiguïté effective sont relativement rares, car le contexte permet le plus souvent didentifier une interprétation appropriée. Ainsi, linclusion du contexte rend très souvent les notions dambiguïté et de polysémie caduques. En revanche, il y a des cas où la polysémie entraîne une indétermination interprétative, et nous pensons que cest souvent le cas pour ON. Fuchs décrit ces cas de la manière suivante :«de cas où le contexte conduit à arrêter linterprétation en-deçà dune distinction tranchée entre plusieurs significations de même niveau : ce qui est donné à comprendre se situe à mi-chemin entre plusieurs significations, participe un peu de toutes, neutralise leurs différences. »nous semble également important de noter une différence entre les polysémies lexicale et grammaticale. Les éléments polysémiques lexicaux sont généralement plus faciles à interpréter en contexte que ne le sont les éléments polysémiques grammaticaux. Les différentes valeurs des éléments lexicaux sont généralement stabilisées en contexte, notamment par le genre discursif. Leur potentiel référentiel est également plus facile à circonscrire. En revanche, les éléments grammaticaux sont susceptibles davoir un fonctionnement plus libre et leurs valeurs sont peut-être moins stabilisées dans des contextes déterminés. La référence constitue également un critère interprétatif moins sûr, comme le remarque Fuchs : «dans le cas des polysèmes grammaticaux, il est beaucoup plus difficile dépingler des différences de sens dénotatif, de sorte que, sur fond de continuité sémantique, laltérité se laisse moins clairement appréhender».

Sens relationneldifférentes valeurs de ON sont évidemment au c?ur de sa description sémantique. Les études antérieures de ON privilégient souvent lune ou lautre de ces valeurs, ou les traitent ensemble, mais dans une perspective plutôt .semble donc quil y ait une tendance à traiter les valeurs de ON séparément, en tant que valeur indéfinie et en tant que valeur personnelle. Dans la présente étude, nous nous questionnerons dans quelle mesure ces valeurs sont réellement distinctes. Si nous reconnaissons quil sagit bien sûr de valeurs différentes, nous admettrons cependant que ces valeurs ont en effet une interaction très importante dans le discours ; ce qui a pour conséquence une forte influence sémantique mutuelle. Dans cette démarche, nous suivrons Boutet , qui remarque au sujet de la sémantique de pronoms que «les valeurs sémantiques ne sont pas nécessairement décidables; lambiguïté est centrale dans linterprétation des pronoms ; les valeurs paradigmatiques jouent aussi un rôle dans la construction du sens».forte dépendance du contexte implique, selon nous, que lanalyse du pronom ON doit privilégier une approche relationnelle. Linterprétation de ON nécessite la prise en compte du contexte (laxe syntagmatique), mais également la prise en compte des systèmes doppositions dont ON fait partie (laxe paradigmatique). Dans cette perspective, le sens de ON serait relationnel, car il se constitue en opposition avec dautres éléments linguistiques.dentamer la prochaine section, il nous semble important de distinguer une approche relationnelle, dune approche que nous appellerons de substitution, selon laquelle ON sera remplaçable par un autre élément . Dans ces cas, il nous semble plus approprié de parler de correspondance. ON correspond aux pronoms personnels en ce sens quil peut avoir la même position en discours, mais il ne sagit pas là dune substitution de terme pour terme. Cest pour cette raison que nous éviterons les notions de substitution et de remplaçabilité pour adopter celle de correspondance. Dans cette perspective, la relation de correspondance est constituée par le(s) trait(s) sémantique(s) commun(s), mais les éléments correspondants sont également distingués entre eux par dautres traits (actualisés ou potentiels). Ainsi, [JE, NOUS, ON] constituent un paradigme, car les éléments sont tous susceptibles de représenter le locuteur, mais ils ont également des traits potentiels qui permettent de les distinguer en contexte (/nombre/, /indéfini/) .

À notre avis, les notions de substitution et de remplaçabilité sont souvent tellement vagues quon risque une analyse imprécise. Si nous reconnaissons que ON puisse se substituer à un autre élément, et que leur fonctionnement discursif est semblable dans des circonstances déterminées, cela est loin de vouloir dire que ces éléments sont sémantiquement équivalents. Cest donc ce quil faut préciser. À notre avis, cette relation entre ON et dautres éléments linguistiques sera mieux décrite par la référence à la notion saussurienne de la valeur. Dans cette démarche, nous suivrons F. Atlani :« On résiste aux tentatives qui viseraient à identifier son fonctionnement à celui des divers pronoms personnels, selon les énoncés envisagés. Ce nest que par une étude contrastive de on, des marqueurs de la personne et de la non-personne quil est possible de rendre compte de la place unique que on occupe dans la langue. » Par conséquent, dans le travail présent, la relation entre ON et dautres éléments susceptibles dapparaître dans les mêmes contextes sera décrite comme une relation associative relevant de laxe paradigmatique. Pour expliciter cette approche, considérons les paradigmes ou systèmes doppositions dont ON fait partie.paradigme des pronoms personnels de la première personneparadigme des pronoms personnels de la première personne constitue lensemble de référence de défaut dans linterprétation de ON. Cet ensemble constitue un fond de linterprétation de ce pronom et influence la sélection éventuelle dune valeur référentielle. Les éléments de ce paradigme ont une grande affinité avec le pronom ON, surtout en ce qui concerne leur fonctionnement discursif. ON, JE et NOUS peuvent tous avoir des emplois indéfinis et génériques aussi bien que personnels, cest-à-dire incluant le locuteur. Le tableau ci-dessous propose un aperçu du paradigme de ON et des pronoms personnels de la première personne :Tableau 1. L ensemble de ON et les pronoms de la première personne:



Dans ce tableau, nous avons inclus les sèmes génériques et les sèmes spécifiques des éléments de lensemble [ON, JE, NOUS]. Pour illustration, regardons les exemples suivants :

.Je suis parti vs.

.On est partices exemples, on observe que le trait générique /-genre/ est actualisé pour JE et ON. En revanche, il nous semble que le trait /+locuteur/ à ON serait neutralisé dans ce contexte dopposition avec JE. Par contre, si on avait posé lopposition suivante, il y aura eu actualisation du trait /locuteur/ pour ON :

.On est parti vs.

.Les gens sont partisque dans ce tableau nous navons retenu que les traits inhérents, dautres traits pourraient être réalisés selon le contexte. En effet, le paradigme des pronoms personnels de la première personne est fortement conditionné par la situation discursive, notamment par les contraintes de genre discursif. Les membres de ce paradigme contribuent tous à des fonctions discursives très importantes, susceptibles dinfluencer leurs valeurs : la représentation de MOI et de lAUTRE, ainsi que les relations entre eux, notamment la solidarité, la politesse et la communication. Selon nous, ces facteurs doivent être pris en compte dans lanalyse sémantique de ON.

Le paradigme des pronoms indéfinis

Le paradigme des pronoms indéfinis étant très hétérogène, il nous semble difficile didentifier des tendances univoques en ce qui concerne son influence sur linterprétation de ON. En tout cas, il nous semble plus compliqué détablir des régularités dans linteraction des membres de ce paradigme que dans celui des pronoms personnels de la première personne. Par conséquent, nous nous bornerons à lexemple de quelquun. Les exemples (5) et (6) montrent les affinités entre ON et quelquun :

.On a sonné

.Quelquun a sonnéexemples permettent didentifier le sème générique de ce paradigme, /indéfini/. Lexemple (6a) montre la réalisation du sème spécifique /personnel/ par la modification du contexte :

a. On a sonné trois fois, puis on est partisrelation dopposition avec les membres du paradigme des pronoms indéfinis est pertinente pour linterprétation de ON dans des contextes caractérisés par la référence aux autres et par la non volonté didentifier lagent ou la source de linformation. Ainsi, cest la valeur indéfinie de ON qui est mise en jeu dans sa relation avec les membres de ce paradigme et cest le trait /personnel/ qui constitue le trait distinctif de ON.

Le paradigmes des constructions passives

La relation dopposition entre ON et la construction passive sans agent explicite se retrouve dans des conditions analogues à celles associées au paradigme des indéfinis. Il sagit souvent de contextes où lagent et/ou la source dinformation sont effacés. Comme on le voit dans les exemples (7) et (8), certains emploi de ON ont des propriétés similaires aux constructions passives :

.On a arrêté les hommes

.Les hommes ont été arrêtésles deux cas, il y a une thématisation du fait que les hommes ont été arrêtés, lidentité de lagent étant considérée moins pertinente.

Le paradigme [ON, ÇA]

Finalement, le paradigme [ON, ÇA] est caractérisé par les sèmes génériques /indéfini/ et /déictique/ et le sème spécifique de ON, /humain/. Limportance de ce paradigme est liée au fait quil rend explicite lopposition entre lhumain et le non humain, qui constitue à notre avis un aspect important de la sémantique de ON. Lemploi de ÇA dans lextrait suivant montre très bien leffet discursif du jeu pronominal et des sèmes inhérents et contextuellement définis :

.« Et puis jai remarqué lété dernier que la plage publique accolée à la Voile Rouge ne désemplissait pas. Ça sunbathait là, comme si de rien nétait, et quand une Porche passait, même une banale Boxster (entre nous surnommée la Porsche du pauvre à cause de son prix qui nexcède pas les trois cent mille), cétait leffervescence, ça en perdait son bob, ça lâchait son panini ou son beignet, ça coupait son walkman, les bras vous en tombaient, vous narriviez plus à respirer et vos oh et vos ah couvrait le bruit du moteur ... » .abord, on remarque linteraction des pronoms se référant à lensemble référentiel incluant le locuteur (JE, NOUS) et celui des autres (ÇA, VOUS). La distanciation entre les deux est intensifiée par lemploi de ÇA, impliquant une déshumanisation de lautre. Lemploi de ON au lieu de ÇA (on sunbathait là vs. ça sunbathait là) crée un effet de distanciation, mais beaucoup moins forte que lemploi de ÇA.effets textuels du remplacement de ON par ÇA indique selon nous quil y a une opposition sémantique fondamentale en jeu, à savoir celle entre lhumain et le non humain. Cette opposition permet de mettre en lumière le fait que le sème /humain/ constitue un sème inaliénable du pronom ON.

Contamination sémantique.

Les relations entre ON et les paradigmes dont ce pronom fait partie contribuent à un processus que nous appellerons contamination sémantique. Par cette notion, nous entendons un processus où le contenu sémantique de ON est influencé par la sémantique dautres éléments des paradigmes dont ce pronom fait partie. Il nous semble que ce processus dépend de la récurrence des paradigmes déterminés dans des contextes déterminés. Ainsi, la contamination sémantique pourra être définie comme la stabilisation dune valeur de ON dans des contextes précis, conditionnée par les éléments paradigmatiques susceptibles dêtre employés dans les mêmes contextes.concurrence sémantique entre ON et NOUS est un exemple intéressant phénomène de contamination sémantique. Dans le français contemporain, il semble en effet que ON soit en train de remplacer NOUS comme la forme non marquée du pluriel de la première personne, au moins dans des genres informels. Selon J. Rey- Debove, nous assistons à un processus de contamination sémantique de ON par NOUS, phénomène quelle décrit ainsi :

«1. on tend au remplacement massif de nous, dont il menace lexistence à long terme.

. on= nous efface progressivement lemploi vraiment « indéfini» de on [...] » il sagit là dune hypothèse assez radicale, il semble néanmoins probable quil y ait une influence sémantique entre ces deux pronoms, et que cette influence puisse apporter des changements dans le contenu sémantique de ON à long terme., il faut quelle se généralise à travers un nombre important de genres, avant que lon puisse conclure sur cette question.son côté, P. Attal propose que la contamination sémantique aille également dans lautre sens. Selon lui, il y a un phénomène de contamination sémantique de NOUS par le contenu indéfini de ON :«cest lassociation de nous avec on qui nous fait dire que le pronom de la première personne est une forme dimpersonnel ; nous ne connaît bien sûr aucune des restrictions demploi de ON ; par conséquent, il est impossible de décider objectivement quand on a affaire à un nous personnel et quand il sagit dun nous impersonnel.».nous, cette hypothèse soulève des doutes, vu lemploi de ON dans le français contemporain, où ON est le plus souvent employé comme un pronom personnel incluant le locuteur, correspondant à NOUS. Cependant, ces propos ont le mérite de remarquer le caractère indéfini du pronom NOUS, un fait qui nous semble parfois sous-estimé.énonciatif.

Le potentiel référentiel de ON implique une grande complexité quant au statut énonciatif. Il est bien connu quà la différence dautres pronoms personnels, ON na pas un statut énonciatif inhérent, et quil doit être interprété à partir de chaque occurrence. Selon F. Atlani :« alors que cest la forme même des pronoms personnels qui permet de comprendre la place des locuteurs dans le procès dénonciation, cest linterprétation de « on » qui permet de lui attribuer tel ou tel statut énonciatif. » .peut se référer à la paire interlocutive aussi bien quà lAutre de la situation dénonciation. Son potentiel darticuler la relation de MOI à lAutre semble constituer une des spécificités de ce pronom. Comme le remarque Détrie: « On, contrairement à nous, permet de passer insensiblement de je + non - je à non-je seul, en un effacement graduel de la subjectivité liée au je ».complexité énonciative amène Leeman à proposer que ON constitue, en effet, une sorte de perspective universelle : « Quel type de cadre de discours définit [on] donc ? Lhypothèse peut être avancée quil sagit tout simplement du point de vue fondateur de tout acte de parole, celui de lhumanité elle-même, source unique et obligée de toute communication linguistique - hypothèse conforme à létymologie. Doù la prédilection de on pour les proverbes, morales ou aphorismes, vérités issues de lexpérience de lespèce humaine et valant pour tout être lui appartenant . »

Une approche interprétative.

Après avoir examiné lapproche référentielle, pour ensuite proposer une approche relationnelle, il est temps maintenant danalyser la notion dinterprétation. Comme nous lavons déjà indiqué à maintes reprises, le sens de ON doit être attribué en contexte à partir dopérations interprétatives. Lexemple suivant (repris de 1.0), emprunté à Blanche-Benveniste (2003 : 1), montre bien limportance de linterprétation dans le fonctionnement discursif de ON :

1)Oni le renvoie comme ça et puis on2 nous le renvoie comme ça

Dans cet exemple, les référents de ON sont probablement identifiés à laide de facteurs « pragmatiques », comme la prosodie et les connaissances des «scripts» dune visite à la banque. Souvent, et cest surtout le cas dans des genres écrits, ce sont les éléments linguistiques dans un sens restreint qui sont les indications fondamentales pour linterprétation de ON. Lidentification de tels éléments constitue un objectif important du travail présent.nous semble donc que le pronom ON représente plutôt le cas inverse de lapproche référentielle dans un sens restreint. Ce nest pas la référence qui donne lieu à linterprétation, cest linterprétation qui permet éventuellement didentifier le référent. Nous arriverons donc dans une situation qui montre très bien la conception de la relation entre linterprétation et la référence développée chez Rastier.nous lavons déjà signalé, nous pensons quil faut élaborer un modèle contextuel et interprétatif pour la description sémantique de ON. Une approche contextuelle pourra être entreprise de deux manières différentes. En premier lieu, on pourra proposer un modèle contextuel basé sur une liste de critères de désambiguïsation. Dans cette approche, le contexte de ON serait analysé dans la perspective quil existerait des éléments déterminés indiquant telle ou telle interprétation de ON. En second lieu, une approche contextuelle dynamique sera également possible. Dans une telle perspective, les opérations interprétatives se font à partir du contexte vu comme une totalité, où les relations entre ON et le contexte sont analysées comme des relations réciproques.approche basée sur des facteurs de désambiguïsation nous semble un peu restreinte, parce quelle suggère lexistence de règles assignant telle ou telle valeur à une occurrence de ON. Il est vrai quil y a des régularités dans des éléments co-occurrents avec certaines interprétations de ON, mais il nous semble plus pertinent de les analyser comme des opérateurs contextuels guidant linterprétation de ON. Leur contribution à linterprétation de ON sera ainsi une question de norme et de plausibilité et non de règle. cette raison, nous avancerons une approche où le pronom ON est interprété à partir du contexte, celui-ci étant compris comme un réseau déléments qui sinfluencent mutuellement. Par conséquent, nous adopterons la notion de paramètres contextuels pour décrire linteraction entre ON et les éléments contextuels.approche interprétative de la description sémantique de ON doit pouvoir rendre compte de linfluence des régularités du contexte de ce pronom. Nous présenterons, dans cette section, des paramètres contextuels susceptibles dinfluencer linterprétation de ON. Dans notre perspective, ces paramètres font partie du fond déictique permettant dinterpréter le pronom ON. Nous suivrons également Muller C. qui proposent de distinguer des critères caractéristiques dun genre déterminé, de ceux que lon pourra nommer « transgénériques ».

1.Pronoms co-occurrents

Les pronoms co-occurrents pourront indiquer la référence de ON :

1)Nous, on est allés au cinéma.

2.« Saturation sémantique »

Selon Blanche-Benveniste , il y a un phénomène de « saturation sémantique » interdisant la co-référence lorsque les pronoms JE et NOUS sont en position du complément dobjet dun verbe dont ON est le sujet. Ainsi, dans lexemple suivant, le locuteur est exclu de la référence de ON :

2)On m a volé ma valise

3.Accord

Laccord en genre et nombre des participes et adjectifs contribue à linterprétation de ON, comme dans lexemple suivant :

3)On est belles, les filles.

4.Le temps du verbe

Le temps du verbe est considéré comme un paramètre important pour linterprétation de ON. Le temps verbal du présent est généralement vu comme un indice de la valeur indéfinie :

4)On a toujours besoin dun plus petit que soi

Les temps verbaux du futur et du passé composé indique généralement une interprétation personnelle :

5)Dans létude, on a utilisé ces données pour déterminer dans quelles propor-tions lanalyse longitudinale remettait en question les estimations habituelles.

5.Le sémantisme du verbe

Le sémantisme du verbe est souvent un indice interprétatif. Il sagit là dun paramètre très conditionné par le genre discursif. Ainsi, lanalyse de Muller C. de lemploi de ON dans larticle de recherche montrent limportance des verbes cognitifs, perceptifs et discursifs pour linterprétation de ON dans ce genre déterminé.co-occurrence avec des verbes modaux constitue également un facteur puissant pour linterprétation de ON. Ce paramètre semble être de caractère transgénérique, cest-à-dire quil ne semble pas être restreint à un genre déterminé. Les verbes modaux indiquent généralement une interprétation indéfinie de ON, comme le verbe pouvoir, dans lexemple suivant :

6)Limpossibilité nest pas dordre syntaxique, car on peut imaginer des contextes où ces formes seraient plus naturelles.

Dans le cas de pouvoir, on pourrait même proposer quil sagisse dune construction assez fixe et quil y ait une préférence mutuelle entre les deux éléments, dans des contextes exprimant le doute ou lhypothétique. On retrouve ce phénomène dans le cas de on dit, qui est plus ou moins devenu une expression figée, ou lexicalisée, comme le propose Larsen.

6.Adverbes

Les syntagmes adverbiaux constituent un facteur important de la constitution du fond déictique et pour linterprétation de ON, quil sagisse dadverbes temporels, spatiaux ou modaux, comme dans lexemple suivant :

7)On est ici depuis une heure

Dans cet exemple, ladverbe ici et le syntagme adverbial depuis une heure permettent dassigner une interprétation déictique à ON.

2.2. Une approche contextuelle de lanalyse de « on »

Comme on la vu dans le chapitre précédent, le pronom ON se caractérise par un potentiel sémantique et dune plasticité énonciative remarquable. En les prenant comme illustration, regardons les exemples suivants, où tous les référents de ON sont différents :

1.On est parties

2.On ma dit de partir

3.On a toujours besoin dun plus petit que soi.

Comment se fait-il que les locuteurs français nont généralement aucune diffi-culté à identifier un référent de ON ? Et comment peut-on décrire ce phénomène linguistiquement ?complexité sémantique du pronom ON nécessite la prise en compte du contexte dans lanalyse. Dans cette section, nous élaborerons la notion de contexte sur laquelle nous nous baserons dans ce travail, et nous examinerons la manière dont elle peut être mise en ?uvre à partir danalyses du pronom ON dans des textes déterminés.contenu sémantique et le potentiel référentiel très complexes de ON impli-quent un travail interprétatif important. Lidentification dun référent approprié nécessite donc le recours au contexte, à linfluence de celui-ci qui semble plus décisive pour linterprétation de ON que son contenu sémantique inhérent. Cependant, il nous semble que la notion de contexte et son influence sur linterprétation de ON restent relativement peu explicitées en ce qui concerne la nature de ce contexte, sagit-il de contextes linguistiques dans un sens restreint (cotexte), ou doit-on inclure des facteurs relevant de lintersection de la linguis-tique et du contexte social, tel le genre discursif ? En ce qui concerne létendue du contexte pertinent, faut-il sen tenir au contexte immédiat ? Cest-à-dire à la phrase, au contexte proche, cest-à-dire au paragraphe ou à la période ? Ou faut-il inclure des contextes lointains comme le texte ? èmement, nous en savons toujours trop peu sur le fonctionnement des relations de ON par rapport au contexte. Si on a bien décrit des facteurs appelés autrement de désambiguïsation, cest-à-dire des paramètres contextuels comme le temps du verbe, les adverbes et les pronoms co-occurrents, on en sait encore trop peu sur leur interaction. Comme il sagit souvent déléments qui sont également polysémiques, les difficultés de modélisation sont dautant plus importantes. On nen sait également pas suffisamment sur les opérations interprétatives qui permettent dassigner tel ou tel référent à ON à partir dun contexte déterminé.microsémantique rend compte des unités minimales du langage. Du point de vue de lexpression, le niveau micro correspond aux niveaux linguistiques du morphème et du mot. Si le sémème au niveau du contenu correspond théorique-ment au morphème au niveau de lexpression, le mot constitue en pratique lunité analytique appliquée.

Unités sémantiques.

Le sémème est lunité sémantique correspondant au morphème, et cest lensemble de ses traits sémantiques, sèmes, qui constitue son contenu sémantique. Les sèmes sont des traits sémantiques distinctifs définis par rapport à une classe sémantique déterminée. Ainsi, le trait /végétal/ constitue un sème commun pour les sémèmes concombre, tomate et carotte et le trait /rouge/ constitue un sème distinctif de tomate.définit le sème en citant Pottier :

« Le sème est le trait distinctif sémantique dun sémème, relativement à un petit ensemble de termes réellement disponibles et vraisemblablement utilisables chez le locuteur dans une circonstance donnée de communication. ».valeur du sème est donc susceptible dêtre réalisée en contexte, ce qui questionne la notion du sème en tant quunité minimale dans un sens restreint. Rastier dit que : « Même des traits virtuels dont la réalisation est purement facul-tative peuvent jouer un rôle distinctif dans certains contextes. ». Il sensuit que la notion dunité minimale sera peut-être trop étroite pour définir le sème. Nous suivrons donc Ballabriga, qui selon qui : « [l]es sèmes ont une valeur différentielle et relative, plutôt que minimale. », et par conséquent, nous soutiendrons que les sèmes de ON ne sont pas représentables par un modèle où ils sont mis en opposition strictement binaire, et que des relations autres que celle entre /+ trait / et /- trait / soient pertinentes. Prenons un

1.a) On pue b) Ça pue

Dans cet exemple, le sème /humain/ permet de distinguer entre on et ça. Il sagit donc dune relation de sorte A ou non-A. Par contre, dans lexemple (5) il sagit dune relation entre les sèmes /masculin/ et /féminin/, qui nest pas distinctive dans ce sens binaire très strict :

2.a) On est beau b) On est belle

Nous pouvons en déduire que les deux types de sèmes représentés dans (1) et (2) sont applicables dans lanalyse de ON, car ils sont tous deux distinctifs en contexte.expliquer les relations entre sèmes à lintérieur dune classe sémantique, Rastier introduit la distinction entre sème générique et sème spécifique. Le premier est le trait commun à tous les sémèmes dune classe, et le deuxième distingue un sème dautres sémèmes de la classe. Les sèmes génériques et les sèmes spécifiques sont alors définis à partir de leurs positions à lintérieur dune classe sémantique déterminée. Afin dillustrer nos propos, nous allons emprunter un exemple à Rastier : soit les deux sémèmes fille et garçon. Leur sème générique sera /enfant/, tandis que les sèmes spécifiques sont /féminin/ et /masculin/ respectivement. Dans un autre paradigme, garçon et homme, le sème générique sera /masculin/ et les sèmes spécifiques seront /enfant/ et /adulte/ respectivement.

A.Quels sont les sèmes de ON ?

Le contenu sémantique inhérent de ON peut, grosso modo, être résumé à un ensemble dhumain(s) plus ou moins indéfini. Par conséquent, nous proposerons que les sèmes inhérents à ce pronom soient les traits /humain/, /agent/ et /indéfini/, illustré en (9) :

4.On a toujours besoin dun plus petit que soi.

Notons que les sèmes inhérents à ON sont susceptibles dêtre virtualisés en contexte et que les sèmes afférents sont susceptibles dêtre actualisés en contexte.sèmes peuvent être virtualisés si le contexte lindique :

-si lénoncé est orienté vers un animal, souvent dune valeur hypochoristique, le sème /humain/ peut être annulé :

5.On a fait la chasse ?

-si le contexte permet didentifier le référent de ON comme une personne déterminée, le sème /indéfini/ peut être virtualisé :

6.On fait la tête ?

Le contexte permet également lactualisation des sèmes afférents. Parmi des sèmes socialement ou contextuellement définis, on pourrait citer les traits /familier/, /pluriel/, /féminin/ pour ne mentionner que ces trois-là. Ainsi, selon le contexte, des sèmes différents peuvent être actualisés :

-le NOUS antéposé et laccord au pluriel du participe et/ou de ladjectif actualisent le sème /familier/ :

7.Nous, on est partis les premiers.

-si le contexte permet didentifier un ensemble de référents, le sème /pluriel/ peut être actualisé :

8.On se calme, les enfants.

-si le contexte permet didentifier un référent du sexe féminin, le sème /féminin/ peut être actualisé :

9.On est très belle.

Il nous semble difficile de faire une distinction absolue entre les sèmes inhérents et les sèmes afférents de ON ; en fin de compte, les seuls traits quil nous semble justifié de poser comme inhérents sont les traits de /humain/, /agent/ et /indéfini/.

B.Une approche relationnelle pour lanalyse sémique de ON

La tradition structuraliste souligne la nature différentielle et relationnelle du langage. Il sagit dun système où tout se tient, où chaque signe est défini négativement, par rapport aux autres signes. Comme le dit Saussure : « [...] cest du tout solidaire quil faut partir pour obtenir par analyse les éléments quil renferme ».érons les ensembles pris en comptes dans les analyses présentées dans cette étude. Il sagit du paradigme des pronoms personnels, celui des groupes nominaux indéfinis, également des indexicaux et des constructions passives, (Tableau 2.) :

pronom sémantiques linguistique

Paradigme/champSème(s) générique(s)[ON, JE, TU, IL(S), ELLE(S), NOUS, VOUS]/humain/[ON, JE, NOUS]/énonciateur/, /humain/[ON, GN]/indéfini/[ON, PASSIF]/-agent/[ON, ÇA]/-énonciateur/niveau de la microsémantique, létude de la contribution de ON à la repré-sentation textuelle des fonctions-auteur sera basée sur linteraction de ce pronom et des marqueurs énonciatifs et évaluatifs. Ces éléments microlinguistiques permettent didentifier la valeur de ON ainsi que les fonctions-auteur auxquelles ON peut être associé.

La ponctuation

La ponctuation contribue à la réalisation de plusieurs fonctions textuelles. Dabord, elle agit comme un facteur structurant le discours écrit, correspondant à lintonation et les pauses du discours oral. Ainsi, elle gouverne la lecture et linterprétation du texte. Dans cette perspective, la ponctuation doit être comprise comme un phénomène essentiellement sémantique dun fonctionnement complexe. E. Bourion décrit la complexité de la ponctuation de la manière suivante :

« Certains ponctèmes, comme les points, peuvent servir de barrière à la diffusion des traits sémantiques en constituant une démarcation forte pour le sens avec une autre marque (de paragraphe par exemple, pour la période) ; tandis quun ensemble de virgules peut rassembler (tout en les séparant dans une énumération par exemple) des mots dont le signifié a des traits sémantiques communs. Un tiret ou une parenthèse qui suivent un mot peuvent introduire un contexte qui signale que le contenu sémantique doit être remanié (ce qui sinterprète à laide des instructions d'assimilation, dissimilation, virtualisation ou actualisation de sèmes, apportées par le contenu de la parenthèse ou de lénonce qui suit le tiret). » soutiendrons donc que la ponctuation peut fonctionner comme une marque de la modalisation et de lévaluation et que son analyse peut contribuer à la description des fonctions-auteur associées â ON.

Références bibliographiques.

Les références constituent une marque très explicite de la présence dautres acteurs dans larticle de recherche. La manière dont elles sont insérées dans le texte en dit long sur lattitude de lauteur vis-à-vis delles. La co-occurrence de ON et des références bibliographiques permet de situer la figure textuelle de lauteur par rapport à la communauté scientifique, soit en opposition, soit en tant que membre intégré. Lassociation avec les références bibliographiques semble le plus souvent indiquer la participation de ON dans le champ. Cette participation peut prendre différentes formes, comme on le voit dans les deux extraits suivants :

1.On parle parfois d' « attribut indirect » (cf. Le Goffic, 1993: 305).

Dans ce premier extrait, il sagit dune référence à la littérature, un résumé de la recherche antérieure. ON peut être interprété comme ON, cest-à-dire lensem-ble référentiel de lauteur et la communauté de recherche, car lélément « attribut indirect » fait référence à un savoir partagé. Mais il peut également être interprété comme ON, référant dans ce cas à dautres chercheurs, dont le discours rapporté sera marqué par les guillemets.lextrait suivant, il sagit pour lauteur de situer sa propre démarche dans le cadre du champ scientifique en question :sinspirant de la méthode dARELLANO et BOND on construit un estimateur convergent en deux étapes.

Dans cet exemple, il semble que ON assure la valeur ON, cest-à-dire renvoie à lauteur lui-même. ON est associé à la fonction de lauteur en tant que chercheur, et ce pronom est présenté comme lagent du procès de la recherche.association de ON aux références bibliographiques peut également permettre à lauteur de se situer dans un rapport dopposition, comme on le voit dans lextrait suivant :

2. On a souligné que contre est une préposition qui exprime le contact entre une cible et un site, caractéristique que contre partage évidemment avec toute une série d'autres prépositions, dont sur, son principal concurrent spatial. Or, de nombreux exemples attestés montrent que le contact n'est pas un trait nécessaire de contre. Dans cet extrait, ON semble a priori se référer au champ de recherche dans un sens large, incluant lauteur et partageant une analyse de la préposition contre. Dans ce cas, il sagit dune occurrence de ON3, lauteur et la communauté de recherche. Lattribution de cette valeur, et donc de la position associée à ON est contestée dans le paragraphe suivant, introduit par le connecteur argumentatif or. Dans ce paragraphe, les données empiriques qui contredisent la position doxique du champ sont introduites, et une analyse alternative est proposée. Il faut donc attribuer la valeur ON6, cest-à-dire « les autres chercheurs » à loccurrence de ON dans la phrase précédente, ce qui montre dailleurs la nécessité de sortir du cadre de la phrase et de prendre en compte des paragraphes entiers.

Les références peuvent aussi indiquer des différences intéressantes entre les disciplines comme on le voit dans les exemples suivants, tirés de la linguistique et de la médecine respectivement :

3. De même qu'on peut séparer "savoir" et "pensée", comme le fait H. Arendt, mais qu'une pensée qui ne serait pas étayée par la façon dont les savoirs modifient notre perception, l'orientent ou la leurrent ou encore par les conflits des pensées des autres manifestées sous forme de discours ne serait pas grand chose.

Par conséquent, nous soutiendrons que les valeurs interprétatives de ON sont associées à des régimes temporels, illustrés dans le tableau ci-dessus :


Valeur de ONRégime temporelExempleON1- La temporalité textuelle - La temporalité de la rechercheOn reviendra sur ce point. (frlingüô) Dans létude, on a utilisé ces données pour déterminer dans quelles proportions l analyse longitudinale remettait en question les estimations habituelles. (frecon01)ON2- la temporalité de la co-construction du sensIci encore, on notera que la prise en compte du terme dinteraction laisse inchangées les valeurs estimées des paramètres autres que leffet de la formation continue dans ces deux équations. (frecon21)ON3- la temporalité de la communauté de rechercheCes théories correspondent toutes à ce qu'on a appelé depuis Ducrot "pragmatique intégrée". (frlingll)ON4- la temporalité de la réflexion dordre généraleAinsi, pour reprendre un exemple de Anscombre (1986), on ne peut dire rouler à (allure + vitesse) (frling13)ON5- la temporalité de la lectureComme on va le voir, le remplacement du syntagme prépositionnel par la Prep orpheline (en abrégé Prep orpheline) est soumis à certaines conditions, et, ces conditions étant remplies, il est assez courant quil se fasse en entraînant des changements à la fois dans la forme et dans le sens de la préposition. (frling14)ON6- la temporalité des autresOn pourrait nous objecter que, si les emplois épistémiques imposent, eux aussi, la prise en compte dune perspective Intentionnelle, il nen va pas de même pour les emplois spatiaux, dont les paramètres se situeraient dans la réalité physique elle-même. (frling17)le premier cas, il sagit dune référence assez floue à Hannah Arendt, sans spécification précise. La référence est complètement insérée dans les paroles de la figure de lauteur, il y a donc une connotation dautorité plutôt quune référence authentique. Cependant, il ne sagit pas dune occurrence de la valeur ON1 (lauteur seul), il nous semble quil sagit plutôt de la valeur ON4, cest- à-dire « tout le monde ». Cette interprétation est appuyée par la référence à notre perception, faculté propre à lhumanité entière.le second extrait, tiré dun article de médecine, la référence prend la forme des chiffres se référant à la bibliographie, conformément aux conventions de larticle scientifique en médecine. A priori, il sagit donc dune occurrence de ON, se référant à des collègues chercheurs travaillant sur des données suédoises, mais la nature internationale de ces recherches pourrait également indiquer une interprétation incluant les auteurs .

Éléments lexicaux / vocabulaire

Le vocabulaire dune discipline, sa terminologie, en est évidemment une caractéristique centrale. Dans certaines disciplines et sous-disciplines, le vocabulaire et les termes sont fortement normés et dans dautres, il semble que les contraintes soient moins strictes. Il existe également une variation à lintérieur de chaque discipline. Généralement, on peut dire que dans les articles de linguistique de tendance formalisante, les termes peuvent être plus précis et normés que dans les articles dun caractère essayiste. Il faut également distinguer entre la terminologie en tant quinventaire de termes avec des définitions explicitement définies dun côté, et le lexique de la discipline, telle quelle peut être observée dans les corpus.

La négation

Lassociation du pronom ON et la négation constitue une trace de lauteur en tant quargumentateur. La négation est également une trace importante de la présence textuelle dautres acteurs car elle implique un point de vue réfuté. Linteraction de ON et des éléments de négation permettra donc détudier comment ce pronom représente des points de vue divergents. Dans lextrait suivant, le pronom ON est associé à une négation et un élémentadversatif, ce qui crée un ton fortement polémique, sans que lauteur spécifie pour autant explicitement contre qui il polémique :

1.En posant cette question, on ne revendique pas un individualisme

méthodologique qui irait de l'isolement de celui qui fait l'acte phonique ou graphique à l'isolement de l'énonciateur. On veut au contraire noter que le discours à prétention anonyme: "la linguistique, c'est..." pose la question générale du statut de chacun de nous lorsqu'il énonce des "vérités générales", reprend explicitement ou non ce que les autres ont dit ou, à chaque instant, en dit plus que ce dont il fait, au sens strict, l'expérience. que cest linteraction des éléments qui permet en fin de compte dattribuer une interprétation de ON. Il ne sagit pas uniquement de la négation ne ... pas et le connecteur adversatif au contraire, le sémantisme des verbes revendiquer et vouloir contribue également au ton polémique dans cet exemple.

Les adversatifs

Les éléments adversatifs constituent une marque de la présence implicite des autres dans le texte, car elle implique une mise en contraste ou même la réfutation dun point de vue. Lassociation de ON aux adversatifs contribue à la représen-tation de lacteur textuel du Garant proposé par Rastier. Lextrait suivant montre la contribution de ladversatif mais dans le passage entre le résumé de la recherche antérieure et le critique proposé par lauteur :

2.De nombreux numéros de revues et monographies y ont été consacrés depuis une vingtaine dannées, même si on se limite aux travaux sur la préposition française . Mais la notion même de « préposition » reste aussi controversée que jamais. Mon propos consistera essentiellement en une tentative den mieux cerner les aspects problématiques.

Ici, ON semble prendre la valeur ON3, car la délimitation du champ (même si on se limite aux travaux sur la préposition française) indique que ce ON connaît la littérature en question. Ladversatif mais permet le passage entre cette position partagée par toute la communauté jusquà une prise en compte explicite de largumentation dans la dernière phrase, où le possessif mon marque la référence à lauteur. En ce sens, lassociation de ON et ladversatif permet un passage du raisonnement qui contribue à souligner lautorité de lauteur. Cette fonction-auteur est comparable au modèle CARS (Create a Research Space) proposé par Swales. Swales montre que la section de lintroduction des articles scientifiques est caractérisée par des mouvements rhétoriques par lesquels lauteur se situe par rapport à la communauté de recherche pour en indiquer des faiblesses et proposer des nouvelles solutions. ON semble approprié pour ces mouvements, en ce quil permet de négocier les contraintes du modèle CARS, celle de démontrer lappartenance au champ aussi bien que celle dautomanifestation.association de ON à des éléments adversatifs pourra également constituer une marque datténuation. Dans ce cas, il se trouve souvent associé à lavancement dune hypothèse.sagit là encore dune fonction-auteur proche du Critique proposé par Rastier, en ce sens que sa fonction principale semble être de contrer des arguments hypothétiques, comme dans lexemple suivant :

3.En privilégiant une seule propriété, on pourrait trancher dans un sens ou dans lautre, mais cela simplifierait outre mesure des faits relativement complexes.

Notons que linteraction de ON et des connecteurs adversatifs est fortement sensible à la discipline : on retrouve peu de co-occurrences de ON et mais dans le corpus darticles de léconomie politique et dans les articles de médecine.

Les pronoms personnels co-occurrents

Les pronoms personnels permettant de représenter la première personne, cest-à-dire lauteur, constituent un paramètre intéressant pour lattribution dune valeur interprétative à ON. Dans lanalyse de linteraction de ON et les pronoms personnels de la première personne, il est particulièrement important de distinguer entre les différents niveaux de lanalyse. Au niveau micro, il y a une forte contrainte sur la coréférence de ON et un pronom personnel de la première personne, au cas où ce dernier fonctionne comme objet dun ON sujet, comme dans lexemple suivant :

4. On pourrait nous objecter que, si les emplois épistémiques imposaient, eux

aussi, la prise en compte dune perspective Intentionnelle, il nen va pas de mêmeles emplois spatiaux, dont les paramètres se situeraient dans la réalité physique elle-même. A cela, nous rétorquerions que le choix entre, par exemple, marcher à travers les branchages et marcher au travers des branchages, dépend tout autant des états Intentionnels que lénonciateur sauto-attribue, ou quil attribue à un autre sujet de conscience. C. Blanche-Benveniste (2003), il sagit là dune contrainte absolue, liée à la syntaxe verbale. Dans cet exemple, il sagit de la valeur ON6, cest-à-dire lautre, qui est présenté comme une source de critiques contre lauteur, aussi indiqué par le sémantisme du verbe objecter. Lauteur lui-même est représenté par le pronom NOUS en fonction dobjet datif. Ce NOUS est explicitement lié à la fonction-auteur de largumentation, et le Critique qui contre des arguments potentiels, ce qui est indiqué par le sémantisme du verbe rétorquer.ce cas dexclusion explicite de lauteur par des contraintes syntaxiques, linteraction entre ON et dautres pronoms personnels peut prendre des formes diverses. ON pourra prendre les valeurs de ON2, ON3 ou ON4, permettant ainsi le passage dune réflexion dordre général à un commentaire pris en compte par lauteur, comme dans lextrait suivant :on peut, me semble-t-il, essayer de mieux rendre compte de leurs distributions en les classant sur la base de leur conditionnement. résumant ce chapitre, nous retiendrons du modèle esquissé les éléments suivants pour les analyses de la sémantique de ON entreprises dans ce travail :

1.Le sens de ON peut en partie être décomposé dans des sèmes qui sont principalement définis par rapport aux ensembles des éléments discursivement équivalents à ON.

.ON est interprété à partir disotopies qui permettent didentifier des sèmes pertinents en contexte.

.ON est interprété à partir de structures textuelles dont il fait partie. Ces structures sont analysable à travers les composantes textuelles.

.ON est interprété à partir de certains systèmes de normes, à savoir les niveaux dialectal, sociolectal et idiolectal.

.Linterprétation de ON influence à son tour linterprétation des éléments co-occurrents, constituant des contextes stabilisés à partir desquels ON aussi bien que les autres éléments sont interprétés.

CONCLUSION


Dans cette étude, nous avons présenté une analyse de lemploi de ON dans deux genres discursifs, à partir dun étude grammaticale et sémantiquetative. À partir dun cadre théorique déterminé, nous avons essayé de développer des applications concrètes à lanalyse de ONrésultats de létude et des analyses des problèmes sur les fonctions sémantico - stylistiques du pronom « ON »nous donnent les conclusions suivantes.1.Nous nous avons proposé de donner un aperçu de différents aspects du pronom ON : étymologie, classification grammaticale, morphosyntaxe et sémantique.

2.On est un pronom personnel indéfini de la troisième personne, invariable, exprimant lidée danimé humain et fonctionnant toujours comme sujet. Il est dérivé du latin homo, homme. On a employé autrefois, dans un sens absolu et indéterminé, les formes hom, hum, hons, um, om, on, etc. Dans un contexte de généralité, souvent combiné avec un présent révélé lui-même par une conjonction de temps, le pronom indéfini on désigne un sujet animé indéfini.

Dans la description de ON, généralement, la valeur indéfinie et la valeur personnelle se distinguent, cette dernière se référant à des personnes déterminées. Ainsi, le Petit Robert propose les valeurs suivantes :. ON, marquant lindétermination :

. Les hommes en général, lhomme.

. Les gens (distinct de je).

. Un plus ou moins grand nombre de personnes.

. Une personne quelconque.. ON, représentant une ou plusieurs personnes déterminées (emplois stylistiques) :

1 Il ou elle.

Tu, toi13, vous.

Je, moi ou nous.

FAM. Nous.

3.Ce pronom ne s'emploie que pour désigner des êtres humains :

·on peut désigner un sujet indéterminé parce qu'il est inconnu du locuteur <http://fr.wikipedia.org/wiki/Locuteur>, il est alors équivalent à "quelqu'un <http://fr.wikipedia.org/wiki/Quelqu%27un>". Par exemple, quand une personne à l'intérieur d'une pièce dit « On sonne à la porte », ne sachant pas de qui il s'agit.

·on peut référer à tout un ensemble de personnes, au sens de "les gens" : « En France, on célèbre la Fête Nationale le 14 juillet. »

·on peut servir de sujet dans des phrases ayant valeur de vérité générale, par exemple dans les proverbes <http://fr.wikipedia.org/wiki/Proverbe> : « Moins on sait, plus on croit. »le registre familier <http://fr.wikipedia.org/wiki/Registres_de_langue_en_fran%C3%A7ais>, on est très souvent utilisé pour la première personne du pluriel (au sens de nous). Par exemple, une personne accompagnée d'un groupe pourra dire « On revient dans une heure » au sens de « Nous revenons dans une heure. » (dans ce cas, le verbe reste conjugué à la troisième personne du singulier.objectif de la présente étude a été dexaminer la sémantique et grammaire du pronom ON. Pour mener à bien cette démarche, nous avons tenté de développer une nouvelle méthodologie, basée sur un cadre contextuel et interprétatif. Cest la complexité sémantique de ON qui a constitué notre point de départ, une complexité qui nécessite selon nous un approfondissement de la notion de contexte dans lana-lyse. Par conséquent, les explorations théoriques ont constitué un poids relatif im-portant dans ce travail. Après avoir examiné les différents cadres théoriques poten-tiellement pertinents pour une telle démarche, nous avons opté pour lapproche de la Sémantique des textes, proposée par Rastier (1996a [1987], 1989, 2001), et notamment la perspective du genre discursif comme cadre global des analyses de ON. Cette approche nous a permis de procéder à létude de lemploi de ON dans deux genres discursifs déterminés, larticle scientifique et la poésie de témoignage.

La description de la sémantique du pronom ON nécessite une prise de position par rapport à la question de polysémie. Si la complexité discursive de ce pronom est au c?ur de la littérature, il est frappant que la question de polysémie ne soit pas généralement explicitement thématisée. Nous nous bornerons ici à une brève discussion de ces notions de polysémie et dambiguïté pour établir un fondement de nos analyses de ON.reconnaissons que linteraction des différentes valeurs discursives soit une caractéristique essentielle du pronom ON. Pour cette raison, nous adopterons dans ce travail une conception assez générale de la polysémie sans pour autant prendre position sur tous les aspects de la polysémie.sens de ON peut en partie être décomposé dans des sèmes qui sont principalement définis par rapport aux ensembles des éléments discursivement équivalents à ON.

Loriginalité éventuelle du travail présent réside dans le fait quil se propose détudier le pronom ON à partir dune notion élargie du contexte. Nous avons inté-gré trois niveaux contextuels (micro, méso, macro), ce qui constitue une nouvelle approche de lanalyse de ON. Le modèle contextuel élargi comprend également une analyse du fonctionnement du contexte, ce qui représente une innovation par rapport à des recherches antérieures. Nous avons soutenu que linteraction de ON et du contexte est une construction dynamique de sens. En ce sens, cette étude permet daffiner la notion de critères de désambiguïsation, souvent appliquée dans les analyses de ON. Contrairement au modèle des critères de désambiguïsation, notre approche présuppose une influence réciproque entre ON et les éléments contextuels.


BIBLIOGRAPHIE


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.Daniel-Rops, Mort, où ta victoire ? Paris, 1934.

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.Georges Duhamel, Cécile parmi nous. Paris, 1938.

6.Gustave Flaubert, Madame Bovary. Paris, t.1, 1857.

7.Henri Bernstein, Le Secret. Paris, 1913.

8.Henry de Montherlant, Les Lépreuses. Paris, 1939.

.Honoré de Balzac, Gobseck. Paris,1830.

10. Jacques Chardonne, LÉpithalame. Paris, 1921.

11. Jean-Paul Sartre, La Mort dans lâme. Paris, 1949.

.Marcel Proust, Le Temps retrouvé. Paris, 1922.

.Maurice Barrès, Cahiers. t.3, Paris, 1902.

.Molière, Don Juan. Paris, ed : Hachette, 1897.

.Paul Claudel, LAnnonce faite à Marie. Paris, 1912.

. Paul Claudel, Partage de midi. Paris, 1949.


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